Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /Sep /2005 00:00

Tsangatour - 33ème épisode

 

« Il suffit de regarder quelque chose longtemps pour lui trouver de l’intérêt »

 Je ne sais plus de qui est la citation, mais pas de doute, notre prochaine étape devrait nous permettre de trouver plein de choses intéressantes sur le Tsanga :

Trois jours de mer, traversée d’une traite de la mer Ionienne depuis Pylos dans le Péloponnèse jusqu’à Syracuse en Sicile, 310 miles, trois fois la distance Corse - Continent.

 Prologue

Evidemment nous appréhendons un peu le départ. Pour éviter de trop y penser nous nous plongeons dans les préparatifs. Un winch qui fait du bruit ? Les voici tous les quatre démontés, nettoyés, graissés. Check-up moteur, mise à niveau d’huile et de liquide de refroidissement, plein de gasoil (au bidon faute de camion-citerne), plein d’eau (en piratant un lointain robinet). Le frigo est plein, la bouteille de gaz changée, nous sommes prêts. Il ne reste plus qu’à prendre la météo sur l’unique ordinateur connecté à internet du village. Les conditions prévues sont calmes pour les trois prochains jours avec un vent ne dépassant pas les 15nd. Un bémol, il est de face pour les premières 24h. Petite hésitation… on se lance, départ le lendemain à 8h.

 La traversée

Pour le moment les prévisions météo sont exactes, c’est calme, trop calme. Il faut espérer que cela ne durera pas trop longtemps car nous n’avons pas l’autonomie de gasoil nécessaire pour toute la traversée. Cela nous condamnerait à attendre, en dérivant au milieu de la mer, que le vent arrive.

Il se lève enfin. Comme prévu, il est de face. Pour économiser notre carburant nous décidons de tirer des bords. Un adage marin me revient à l’esprit :

« Remonter au vent c’est faire, deux fois la distance, trois fois le temps, quatre fois la peine. »

Quand arriverons nous ?

A l’image de notre toute première traversée nous nous serrons l’un contre l’autre, partageant la petite place du cockpit protégée du vent. La journée, la nuit passe, heure par heure. Des orages éclatent autour de nous sans nous atteindre. Nous sommes des marathoniens, nous gérons notre énergie, notre fatigue sur la durée.

Au matin le vent et les vagues sont plus favorables. Le bateau marche bien, cela joue sur notre moral. Nous nous sentons temporairement maîtres des éléments. Nous sommes libres, forts, heureux. Quand revivrons nous des moments aussi intenses. Image d’une planète surpeuplée qui nous offre des centaines de Km2 uniquement pour nous. Nous respirons profondément. Nous pêchons aussi. D’abord une dorade coryphène transformée immédiatement en déjeuner, puis, dans l’après-midi l’événement attendu depuis Naples : un puissant départ de moulinet. A ce stade je parle bien d’événement et non pas de bonne nouvelle, car trois évolutions sont encore possible:

- Remontée du leurre et du poisson : bonne nouvelle

- Remontée du leurre sans le poisson : non événement (si la lutte dure une heure, cela peut tout de même virer à la frustration)

- Perte du leurre et du poisson : mauvaise nouvelle, surtout quand le leurre était un cadeau.

Cette traversée nous permettra de faire les trois en trois jours. La « master piece » tant convoitée depuis des mois sera enfin capturée : un thon frôlant les 10kg ! La persévérance paye et le voyage continue.

Toujours personne sur l’eau. Il y a moins de vagues ce qui nous aide, si toute fois nous en avions besoin, à dormir par quart de deux heures. A chaque fois je suis surpris par la résistance d’Angèle durant ces grosses navigations. Il faut dire que nous vivons à découvert. La fatigue se payera à échéance, quand nous arriverons au port. Le GPS parle d’encore 11h. Le vent baisse, ronron du moteur. A nouveau la nuit. Nous traversons un violent orage alors que la cote nous nargue à l’horizon. Odeur de terre mouillée à quelques miles de l’arrivée. Manœuvre à 3h du mat, avec en voisins surprises nos amis suisses, Werner et Denise. Belle manœuvre. Respect du gardien du port face à notre prise.

Nous avons réussi notre traversée. Nous sommes fatigués et heureux. A cet instant, nous sommes des vieux loups de mer connus et reconnus.

 Epilogue

Réveil avec le pain frais gentiment apporté par nos amis suisses. Découverte d’un long spaghetti de plus d’un kilomètre se promenant dans le port de Syracuse et menant… au Tsanga (c’est un filin que nous avons attrapé dans notre quille pendant notre traversée). Découpage du poisson à la scie. Préparation de conserves. Gueuleton avec nos voisins avec du vin français. Sommeil profond.

A bientôt,

 

Angèle et Jérôme

 

  

Changement de saison

Mi-parcours

Fin de journée et toujours seuls sur l’eau

 

Changement de catégorie

 

Réveil suisse

 

Tsanga Tsanga - bateau usine

 

 

Par et Angèle - Publié dans : tsangatour
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus