19eme episode - Unite de temps

Publié le par et Angèle

Tsangatour - 19ème épisode

 

Unité de temps, unité d’espace et unité d’action. Les éléments d’une pièce de théâtre sont réunis. Pourtant il ne s’agit cette fois que d’une tranche de vie avec ses moments tristes et ses moments joyeux.

La petite île de Trizonia dans le golfe de Corinthe a la particularité d’abriter un port inachevé. Ce dernier, fruit d’un projet européen, s’est finalement enlisé entre la bureaucratie bruxelloise et les petites combines locales pour finir inexploité, mais gratuit pour le plus grand bonheur des navigateurs. Nous y allons sur les conseils de Francine et Jean-François qui nous ont précédé d’un mois et nous recommandent chaudement cette escale coupée du monde. De grand pontons en béton, des lampadaires, de beaux voiliers, tout nous laisse penser à une luxueuse marina hormis quelques détails tels que l’absence de bornes d’eau et d’électricité ou la présence d’un remorqueur à moitié coulé sur un quai. Dès notre arrivée nous découvrons avec plaisir la présence du Juana, petite famille avec qui nous avions fait un bout de route ensemble en Italie six semaines plus tôt. Nous constatons que la majorité des personnes présentes sont françaises. Ce port gratuit, a été accaparé par nos compatriotes tant et si bien qu’il parait que l’on parle maintenant de l’île des français.

Aujourd’hui le port est en effervescence. La veille un bateau est arrivée avec à son bord un homme seul et complètement ivre. Il s’est cogné dans les rochers et dans les autres bateaux avant que d’autres personnes montent à son bord pour l’aider à manœuvrer. Le lendemain la police a retrouvé un bateau en mer sans personne à bord et plein de bouteilles. Le navigateur en question n’étant plus au port, les pires craintes circulent.

Notre arrivée dans cet univers se fera de manière assez brutale. Jean-Marie notre voisin de ponton est costaud, cheveux et barbe grise en bataille, superposition étrange d’un air pas commode et d’un regard facétieux. Il nous dira en guise de préambule et en trois phrases, que lors de son dernier passage ici son voisin avait eu une crise cardiaque, qu’il pense que le bateau retrouvé en mer était juste à notre place hier et qu’il remettait en état son bateau endommagé par un séisme. Nous avons du mal à le croire,  pourtant toutes ses informations nous serons confirmées par la suite. Un peu interloqués par cette entrée en matière lugubre, nous reprenons nos activités et partons à la recherche d’une laverie. Nous rencontrons au passage Roger et Monique, couple suisse, sur un superbe catamaran tiré à quatre épingles. Ils rentrent de Turquie et ils nous donnent rendez-vous le lendemain pour nous donner des infos sur ce pays. Nous profitons de notre visite dans le village pour retrouver Yael, Lena, Loris et Robert, nos amis du Juana. Ils discutent avec une autre famille de navigateurs marseillais. Partis début mars comme nous du sud de la France  ils sont déjà sur le chemin du retour après être allés jusqu’à Istanbul. Nous qui pensions avoir un planning ambitieux nous voici dépassés. Discussions tranquilles autour d’un verre sur la terrasse d’un petit bar. Nous trouvons rapidement notre place dans ce petit univers tranquille. Nous rentrons. Grosse peur lorsque Lena 3 ans, tombe dans le port poussée par son petit frère. Sa mère plonge immédiatement. Nous en sommes quitte pour une grosse frayeur. Au même moment, la police grecque est là et demande à Jean–Marie et au couple suisse d’aller identifier le bateau retrouvé.  Sur un autre bateau français un pêcheur fait un carton. Nous discutons, c’est un univers où les relations sont faciles et légères, ça ne m’empêche pas de lui piquer ses secrets de pêche. La nuit est paisible.

Le lendemain sera une succession d’apéros, de goûters, de consultations de cartes les un chez les autres. Les personnalités et les caractères se révèlent dans une ambiance chaleureuse. Roger, le suisse, devrait être représentant pour le tourisme turc. Après lui avoir demandé les bons plans nous n’avions qu’une envie, être là-bas. Jean-marie nous raconte fièrement comment il a rendu fou la police grecque en n’acceptant de signer que des documents en français. Malheureusement les craintes ont été confirmées. La police grecque a retrouvé le corps sans vie du navigateur.  La plaisance n’est pas toujours la carte postale de bonheur que l’on imagine. Elle est aussi le réceptacle de personnes seules se coupant du monde, cherchant à fuir, des naufragés sans témoin. La vie du port suivra néanmoins son cours.

Nous récupérons notre linge vers 20h, pas sec et partiellement lavé sans lessive. Nous transformons donc notre bateau en arbre de Noël pour la nuit pour qu’il sèche un peu avant de nous rendre sur le Juana pour diner. Nous partageons en rigolant la somme des problèmes techniques que nous avons dû régler depuis notre dernière rencontre.

Le lendemain, autre ambiance, la police est là pour contrôler les bateaux. Tout le monde prend la poudre d’escampette direction le bistro pour éviter d’avoir des problèmes. En ce qui nous concerne nous n’aurons pas le temps et serons pris la biscotte au bec, mais ce sera sans conséquence. Juste avant de partir nous sympathisons avec un nouveau couple Jackie et Alain qui très gentiment et pour nous obliger à leur rendre visite quand nous rentrerons en France nous prêtent leur guide bleu de Turquie. Il est temps pour nous de quitter cette escale pleins de bons conseils et de rencontres douces et riches.

 

A bientôt,

Angèle et Jérôme

 

     

 

Premier lémurien à gravir un pont grec ou passage du golfe de Patras au golfe de Corinthe.

 

 

 Le grec moderne se défend egalement pour empiler des pierres.

 

 

Lepante ou Nafpactos. Généralement quand il existe un nom spécial en français pour une ville, c’est qu’il s’y est passé quelque chose d’important. Interro d’histoire : La bataille de Lépante ? (pas celle des gamins du port le 16 juin 2005)

 

 

Le voyage ca sert aussi a se cultiver

 

 

Nos amis du Juana

 

 

 

Clein d'oeil a l'ancetre du blog: Le carnet de route du marin avec les aquarelles de Jackie

 

 

Visite a Delphes consulter l'oracle : il fera beau demain ...

 

 

 

Heu, j'ai bordé l'écoute... et puis tout m'est resté dans les mains!

 

 

Les Dieux avaient bien choisis leur vue

 

 

Quand on vous dit qu'il y a du vent...

 

Entrée  du canal de Corinthe

 

Passage du canal

 

Adieu a l'équipage du Juana après le canal.

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Publié dans tsangatour

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M
Nous voici aprés un séjour en Argentine que nous vous ratrapons 17 episodes plus loin. Nous sommes chez les Marcillac pour un diner pre nieme fiançailles et nous repartons au Bouts demain soir. Les photos sont superbes mais je trouve qu'Angèle a un peu maigri, sutout le visage. Notre voyage en Argentine et Chili était presque aussi beau que le votre, nous etions en automne. Et puis nous etions ravis de voir Ladislas Cécile et Ivan bien et trés bien installés. Pasch a ete requinqué par le voyage, esperons que nous pourrons faire d'autres. Ils s'activent dans les cuisines, il faut que j'aide un peu, no? Bien, un grand bonjour et profitez un peu du beau temp. A bientôt, Matilde PS de Pasch, tré décousu ton truc!!!
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V
Lepante ? Facile. Enorme bataille navale d'une coalition menée par la papautée et regroupant a peu près tout ce qui se trouvait de bon chrétien notamment vénissien, dubrovnicien .Et tout ça pourquoi je vous le demande ? Pour chasser les turcs ! C'est vraiment une tradition millènaire cette chasse aux turcs !
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H
tres bien les conseils turcs de vos potes dans ce port un brin louche, tant que les conseils sont bons, ca servira les 5 copains qui vont se pointer en juillet, hé hé hé
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