de Calvi à Bonifacio

Publié le par Jérôme et Angèle

Tsanga Tour - 4ème épisode

Un beau lundi matin, nous avons repris la mer direction Girolata

Le guide est formel, ce lieu est exceptionnel mais quelque peu dénaturé ces dernières années par l’abondance des plaisanciers. Nous arrivons près d’un petit hameau dans un cadre superbe. Seul un bateau à moitié abandonné nous attend. Nous nous installons au mouillage. Alors que la nuit tombe nous distinguons juste quatre baraques de pêcheurs qui s’allument. A ce moment là, ma plaisanterie sur les villages d’anthropophages n’a pas été très bien reçue par Angèle. Cadeau du lendemain matin : un dauphin nous rend visite sans trop vouloir s’approcher malgré mes tentatives de communication à grands coups de gaffe contre la coque du bateau (a posteriori je pense que si j’avais voulu lui faire peur, j’aurais fait exactement le même chose).

 

 

Départ dans la matinée en direction d’Ajaccio. Notre coupure du monde n’est troublée que par le passage de deux mirages et d’une vedette des gardes cotes. Le vent nous pousse et le soleil brille, la navigation est un vrai bonheur. Nous approchons du passage des îles Sanguinaires, passe étroite permettant d’entrer dans le golfe d’Ajaccio. C’est le moment que choisi un hélicoptère pour nous rendre visite. Voyant que j’agite l’appareil photo, il nous fait le grand show. L’appareil tourne à basse altitude autour du bateau. Il finit par un vol stationnaire juste quelques mètres derrière le bateau. Et c’est cette photo, d’Angèle concentrée à la barre poursuivie par un hélicoptère, que je rate, réduisant à néant ses chances d’être, pour un jour, une James Bond girl.

 

 

L’arrivée à Ajaccio se fait sans encombre et nous nous offrons un petit restaurant pour fêter notre retour à la civilisation. C’est alors la rencontre improbable avec un patron qui rêve de devenir ermite, deux indépendantistes qui complotent et un gardien de phare ayant invité sa famille à dîner. Par le talent d’Angèle, la discussion s’ouvre, nous parlons de notre projet, on déroule les cartes de Corse sur les tables pour nous montrer des coins sympas. Nous mangeons, nous discutons et…nous goûtons l’alcool de myrte. En effet, le gardien de phare, s’il était le dernier, accepterait de finir jeté dans une bouteille à la mer, à une condition : qu’il s’agisse d’une bouteille de myrte. C’est le genre de remarque qui pousse à la curiosité. Myrte ou pas, le fait est que le lendemain nous n’avons pas repris la mer et avons passé la journée à nous reposer à Ajaccio.

 

 

Nous quittons finalement Ajaccio pour une petite navigation vers le mouillage de Campo Moro. Nous arrivons assez tôt, ce qui nous permet pour la première fois du voyage de gonfler l’annexe et de débarquer sur la plage d’en face, histoire de nous mettre des grains de sable entre les doigts de pieds et de parler avec un autochtone. Lors de notre retour sur le Tsanga, nous voyons des poissons qui sautent de partout autour de nous. L’occasion est trop belle et les 400 recettes de poissons offertes par Djé et Sophie vont pouvoir être utilisées ! Je retourne fébrilement l’intérieur du bateau à la recherche de mon matériel de pêche. Quel appât choisir ? Réflexe professionnel : se mettre à la place de son interlocuteur. Si j’étais un poisson, qu’est ce qui pourrait me faire envie dans cette cuisine ? Le verdict est le suivant :

Le maïs : le poisson corse n’aime pas.

Le saucisson : le poisson corse n’aime pas.

La mie de pain : cela ne tient pas à l’hameçon

Heureusement Angèle avait anticipé le tableau de pêche et nos réserves de vivre nous ont permis de dîner.

 

 

Départ dans la matinée de notre mouillage de campo moro direction Bonifacio. Soudain, nous y croyons a peine, nous découvrons pour la première fois une voile à l’horizon. Je fais une tentative de contact radio sans succès. Notre visiteur se rapproche progressivement, visiblement il a la même destination que nous. Alors qu’il nous rattrape nous découvrons son étendard, il s’agit d’un bateau anglais ! La situation devient alors toute autre. Nous nous devons d’arriver avant eux. Une analyse tactique du plan d’eau digne de la coupe America nous dicte notre conduite : mettre le moteur toutes voiles baissées.

Alors que notre adversaire se fatigue à louvoyer face au vent, nous traçons notre route vers Bonifacio en le maintenant à distance respectable. Au dernier cap avant Bonifacio, le vent change et nous déroulons notre superbe Gennaker rouge jaune et blanc histoire d’arriver avec panache. Nos poursuivants éreintés ont fini par craquer ils sont à leur tour au moteur et derrière nous pour rentrer dans le port de Bonifacio. Trafalgar a été vengée.

A bientôt,

 

Publicité

Publié dans tsangatour

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
K
Bonjour les navigateurs,<br /> Vous semblez tout à fait à l'aise dans cette expérience, de vrais professionnels de la mer. Votre idée de nous raconter votre voyage est vraiment très sympa, on s'y croirait presque. Bonne continuation, la chaleur arrive (22°C en haut des pistes de ski la semaine dernière).<br /> Bisous<br /> Karine et Thierry
Répondre
A
Salut les navigateurs,<br /> ravie de redécouvrir la corse par la mer, et surprise de vous voir aussi emmitouflés ! c'est que nous goûtons au soleil "estival" (sorry !) à Paris et oublions qu'il y a quelques dizaines de jours nous luttions contre le blizzard dans la rue !<br /> Un clin d'oeil de ma part à la tour de Girolata dont l'ancienne propriétaire m'avait appris à décoder la carte des étoiles sous les latitudes tropicales...<br /> Bon vent dans votre aventure et à bientôt !<br /> Bises<br /> Anne
Répondre
V
Bravo pour avoir fait la nique aux anglais, je reconnais bien là ton esprit de compétition !!! C'est super de vous lire et de partager cette belle expérience... J'ai bien aimé aussi les nouvelles en direct live avec l'accessoire indispensable du parisien (le tel portable...) qui peut aussi être utilisé occasionnellement par le marin... On vous embrasse très fort, bébé pousse, je ne peux plus le cacher maintenant ! Val & JM PS : Le we prochain je serai à Trouville, ce n'est pas la même mer, mais je penserai à vous !
Répondre
L
Bonjour Angèle, bonjour Jérôme<br /> <br /> Suis déçue d'avoir râté apparement le 2ème et 3ème épisode. Vous m'avez l'air déjà complètement acclimatés. L'anné prochaine, on vous envoie au pôle Nord !<br /> <br /> Comment çà va le chauffage ? <br /> <br /> Les photos sont superbes<br /> <br /> Je vous embrasse très fort<br /> <br /> Agnès<br /> <br />
Répondre
J
salut les amoureux<br /> c'est jéjé et soso en direct live de paris 17 ( beau temps 1020 millibars vent force 1 à 2 fléchissant en fin de journée)<br /> c'est beau ce que tu racontes djé. je savais pas que tu avais ce talent de narrateur toi qui est déjà business man, bricoleur, marin, dragueur, sportif, drôle mais pas pêcheur. avec ces belles histoires et belles photos, vous allez faire des adeptes. Merci de prendre le temps de nous faire profiter .on vous embrasse très fort.<br /> Soso, jéjé et arthur
Répondre