9eme episode - On dirait le Sud

Publié le par Jérôme et Angèle

Tsanga Tour - 9ème épisode

Nous continuons notre route plein sud avec un part d’inconnu grandissante. En effet la baie de Naples et la côte Amalfitaine sont largement abordées dans les guides touristiques, la côte sud de l’Italie, beaucoup moins. Après dix heures de mer à parler, chanter (grâce à ma mère) et préparer La Prise (grâce à Hélène), nous arrivons à Marina de Camerota. La première surprise viendra du langage. En effet il faut savoir que la manœuvre d’arrivée dans un port nouveau génère à chaque fois une décharge d’adrénaline au sein de l’équipage du Tsanga-Tsanga. Un des effets secondaires de cette décharge est de nous faire inventer un langage hybride pour communiquer avec les autorités portuaires situé à la croisée des chemins entre l’Italien, l’Espagnol et le Français. Soit dit en passant cela à permis à Angèle d’enrichir la langue française, puisque maintenant les objets verticaux et horizontaux ont de nouveaux amis, les objets perpendiculaux. Donc, alors que nous nous apprêtons à aborder sur les pontons perpendiculaux au quai, nous nous adressons dans notre langage étrange au responsable du port. Il nous répond dans un espagnol très bon. Nous découvrirons au cours de notre visite qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. En effet ce charmant petit village, calme et sans ressource, s’est exilé massivement après guerre en Amérique du sud et plus particulièrement au Venezuela. Les liens avec leur pays natal étant restés les plus forts, ils sont pratiquement tous rentrés 20 ou 30 ans plus tard. Il reste de cet épisode la statue de Simon Bolivar, héros de l’indépendance Vénézuelienne ornant la place du village. Autant dire que Angèle et moi étions comme des poissons dans l’eau dans cet environnement. Nous nous adaptons tous les quatre au rythme local d’autant plus que la météo nous contraint à rester au port une nuit de plus avant de partir sur les îles Eoliennes. Finalement nous partons ! La traversée a été préparée avec Hélène et ma mère dont se sera la première navigation de nuit. On récite les cas de vert sur vert ou rouge sur vert pour éviter la collision avec des paquebots. Après un départ houleux et venté, elle se déroule sans encombre. Quel récompense de prendre comme repaire dans la nuit les feux lointains du Stromboli. Je me cale dessus pendant un moment jusqu’à ce qu’à ma grande surprise je constate sur le compas que mon cap avait changé. Le Stromboli bougerait-il ? En fait, à ma plus grande honte, je poursuivais un paquebot brillant de toutes ses lumières. Le Stromboli, le vrai, apparaîtra à ma mère et Hélène, lors de leur quart au lever du jour, en petite forme, crachotant deux trois petites gerbes de lave à notre passage avant de se rendormir. Il ne sera d’aucune manière pour nous, le plus vieux phare de l’histoire de la navigation décrit dans les guides.

Nous arrivons en fin de matinée, le Tsanga Tsanga encore assez endormi, dans l’île de Salina. C’est la deuxième île des 7 îles éoliennes et la plus naturelle. Nous décidons de la visiter au volant de deux bolides entre le scooter, le kart et le moustique. Nous découvrirons la maison d’Il postino (le facteur avec Philippe Noiret), les falaises blanches, les câpres et cette végétation luxuriante. Après un début un peu timide, ma mère ne voudra plus descendre de sa monture. Le lendemain : douce journée de repos avec une visite au musée de Lipari où on pourrait passer 7 jours et 7 nuits tant il y a de masques, vases, céramiques, bijoux, explications sur les volcans en italien, … Finalement, nous n’y passerons que 2 heures et partirons à la conquête de l’île Vulcano.

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Publié dans tsangatour

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