17eme Episode - un vieux foreur m'a dit
Tsangatour 17ème épisode
Un jour un vieux foreur ma dit « Il y a deux fléaux dans lexploration pétrolière : les jeunes ingénieurs et létanchéité des joints en caoutchouc ». Mais écoutez plutôt notre histoire.
Nous étions partis pour notre plus grande traversée, la liaison de Dubrovnik en Croatie à Corfou en Grèce, soit 200miles. Nous avions estimé la durée de ce parcours à 40h, soit pour la première fois deux couchers de soleil. Ces grandes étapes sont pour nous loccasion de repartir dans nos rêveries de haute mer. Pour ma part je me questionnais sur les différentes échelles de temps qui constituent notre voyage. Je voyais dabord, circonstance oblige, le temps immédiat ou le temps des manuvres, celui quAngèle naime pas. Il faut gérer dans lurgence une situation ponctuelle. Cest ce qui nous arriva au début de notre traversée quand les quatre rivets qui tenaient la cloche de spi se sont arrachés laissant un spi libre au vent avec un bateau filant à 9nd et un tangon, barre métallique de 3m, se baladant suspendu dans les airs (si avec ça vous ne progressez pas en vocabulaire maritime
). A ce moment là il faut trouver les bons gestes, la bonne séquence pour sortir de cette situation. Chaque geste manqué dans la chorégraphie de léquipage retarde la sortie de crise. Lémotion passée et les heures se succédant, je pris conscience du temps dusure ou le temps de la mer formée, celui que je naime pas. Ce temps où chaque vague qui cogne contre la coque vous vole imperceptiblement un peu de votre énergie, mais ou laddition ne vous est présentée quaprès la première nuit sur leau. Il faut alors gérer ce déficit jusquà destination.
Heureusement les cadeaux viennent après, cest alors le temps du non planifié ou le temps des découvertes inattendues. Cest cet apéro sur le bateau de Christine et François, couple de français que nous avons croisé à plusieurs reprises depuis la Croatie et avec qui nous avons sympathisé. Ils nous ont invités à partager du champagne français apporté par des amis, le tout sur une eau turquoise devant un petit village de pêcheurs. Cest aussi cette visite dune journée en Albanie décidée en dernière minute. Ce pays est une illustration intéressante des effets destructeurs du repli dun état sur lui-même (question dactualité ?). Après sêtre brouillée avec leur derniers alliers, les chinois, lAlbanie a vécu une période dautarcie qui la laissée à bout de souffle. Aujourdhui presque 10 ans plus tard, il ne reste rien. Même lagriculture traditionnelle a été détruite par des tentatives avortées de collectivisme. Le paysage est constitué dune succession de chantiers abandonnés. Les seules choses qui ont subsisté sont de superbes ruines antiques. Image parlante, notre bateau de tourisme (nous y sommes allés avec un groupe) a été guidé sur le quai du pseudo port par un pilote nous dirigeant en pédalo !
Il existe également un autre temps de notre périple, que nous ne contrôlons pas, et dont nous nous passerions avec plaisir. Je veux parler du temps poil à gratter ou le temps des problèmes techniques. Nous lavons découvert avec notre panne électrique épisodique qui nous a fait vivre dans la hantise dun moteur qui refuse de démarrer quand on en aura vraiment besoin.
Nous sommes aujourdhui dans la phase des fuites deaux, et attention, sortez vos écopes, nous ny allons pas de mains mortes puisque nous avons identifié pas moins de quatre fuites indépendantes en trois semaines. Même les parents dAngèle avec leur machine à laver ne sont pas arrivés à ce niveau.
Première découverte deau douce dans la calle, investigation facile. Fuite sur le vase dexpansion du système deau douce du bord. La pièce est changée et le flocon du bricoleur maritime est accordé haut la main.
Deuxième étape, découverte deau de mer sous lévier. Petit aparté découvrir de leau de mer dans un bateau cela veut dire que potentiellement il est en train de couler Fuite au niveau de la pompe à pied qui alimente lévier en eau de mer, investigation facile, pièce réparée, première étoile du bricoleur maritime accordée tranquillement.
Troisième étape, passage au niveau supérieur, accumulation deau au niveau de lhélice, pas franchement salée, pas mais franchement douce. Investigation lourde. Démontage de la cabine arrière. Retrait du réservoir à gasoil pour remonter la piste de leau. Lexpert parle déjà de sortir le bateau et dune semaine de travail. Nous remontons la trace de leau jusquà
la douchette pour se rincer à lextérieur après un bain de mer dont le joint en caoutchouc était sec (toujours écouter les vieux foreurs). Nous changeons la pièce, séchons le bateau attendons une journée à quai pour être sûr. Le bateau est sec! Nous repartons au moteur et heureux. Nous nous installons au mouillage. Par acquis de conscience je vérifie le compartiment moteur. Il est rempli deau de mer!!! Cette nouvelle couplée à la fatigue de la journée nous plonge dans une hébétude profonde. Nous commençons à nous faire une raison sur le fait quil faudra sortir le bateau de leau pour le faire réparer. Le lendemain contre toute attente nous identifions un trou dans le tuyau déchappement de leau de refroidissement. Réparation de fortune, nous le colmatons temporairement avec du sopalin et du scotch (version élargie du pansement). Si nous en venons définitivement à bout nous revendiquons au moins notre chamois de bronze du réparateur de bateau.
Dernière petite chose, sur recommandation dune lectrice nous vous livrons un secret dutilisation de notre blog. Dabord prendre un paquet de petit écolier, ensuite allumer son ordinateur et commencer la dégustation en même temps que la lecture. La bonne alternance entre croque et clic de souris sera trouvée lorsque les traces de chocolat seront détectables sur loutil informatique.
A bientot,
Angele et Jerome














