16eme episode - livre de bord

Publié le par et Angèle

Tsangatour – 16 épisode

13 mai 2005 -Livre de bord du Tsanga-Tsanga :

Arrivée à Makarska / réserve carburant 71 litres /Angèle et Jérôme reposés / accueil de Sophie et Jérôme

Forcement, deux Jérôme à bord d’un Tsanga-Tsanga, ça prête à confusion. Cette dernière n’a pas sa place en mer. La navigation, afin d’être efficace et coordonnée se doit d’avoir des dénominations claires. Une écoute est une écoute, une drisse est une drisse et de cette manière chaque élément trouve péniblement, mais sûrement sa place dans la tête du marin. Il en va de même avec le Jérôme et sa duplication embrouille l’esprit de l’équipage. Il y a bien eu une tentative de différenciation entre Djé et Djé-Djé, mais cela rendait impossible d’appeler deux fois de suite le premier sans voir accourir le second. Face à cette situation bloquée, j’ai dû faire preuve d’autorité. Dorénavant je m’appellerai capitaine et tu seras moussaillon.

Je n’ai pas tout de suite réalisé la portée de cette décision. C’est quand on regarde les événements a posteriori que l’on comprend leur enchaînement. Et pour moi, c’est là que mes ennuis ont commencé : refus d’exécuter un ordre qui ne soit pas clairement expliqué et justifié, accusation d’abus de pouvoir, non respect de la convention collective des moussaillons, et j’en passe. J’avais beau avoir une DRH attitrée en la personne d’Angèle, rien n’y a fait. La révolte grondait. De plus, il est de tradition maritime que les mutins ne soient pas tendres avec le capitaine. Je me devais de réagir. J’ai trouvé mon salut dans l’usage d’une méthode éprouvée : épuisement physique de l’équipage par la manśuvre. Grand voile, génois, gennaker, spi, plus bordé, moins bordé, tout y est passé. La victoire de la coupe America n’a pas demandé plus d’efforts. Je dois reconnaître qu’à ce petit jeu, mon élève a fait preuve de certaines qualités qui lui ont values d’être nommé capitaine de l’annexe.

Etant maintenant du même grade, il nous était redevenu possible de partager les grands moments de la vie du marin. La situation de crise était terminée et la belle vie pouvait commencer. Ce fut donc, comme souvent après les périodes de crise, l’opulence. Nous eûmes en amuse-gueule notre rencontre avec les dauphins. Il y eu ensuite un grand moment d’émotions quand nous avons partagé à distance les fiançailles d’Alix et Brice (le frère d’Angèle) aux Petites Brosses. Ce fut un peu dur pour Angèle de ne pas être avec sa famille pour partager ce moment, mais nous avons fait la fête de notre côté. Ce soir là, ce fut feu de camp avec guitare et côte de bśuf sur une île déserte. Nous avons ensuite alterné cours de perfectionnement en navigation, concours de ricochets gagnés par les filles, dénigrement de restaurateurs croates jugés beaux et charismatiques par Sophie et Angèle, promenade en couple sur des scooters, bonnes bouffes et ballades, super bar indiqué par Vincent (mon frère) en haut d’une citadelle à Korcula. Rien n’a manqué dans notre découverte du sud de la Croatie.

Les visites d’amis sont également des moments d’échange. Aussi ce périple généra de fructueux transferts de compétences :

Sophie a découvert les rudiments de la navigation à la voile et s’est rendue compte qu’elle pouvait tenir sur un voilier une semaine malgré sa sensibilité au mal des transports.

Angèle a confirmé que c’était vraiment doux d’avoir d’autres mousses à bord, surtout quand l’un d’entre eux cherche à monter en grade.

Moi, j’ai découvert la pratique des jeux de cartes sur le pont avec le Djin (Merci à Nathalie et Gérard pour leur excellente idée de cartes magnétiques qui ne s’envolent pas).

Pour ce qui est de Djé, je l’ai initié à l’art de la « pêche bredouille ». C’est une activité qui demande un grand travail d’acceptation de l’effort inutile. Quand l’effort est trop dur, cette pêche peut néanmoins être transformée en pêche aux bigorneaux. Ce qui demande moins d’effort et son rendement est plus ou moins garanti.

Le problème des débutants dans l’art de la « pêche bredouille », c’est qu’ils ne peuvent pas s’empêcher d’espérer. On essaye l’épuisette, on essaye la canne à pêche, on essaye le pain, on essaye la croûte de fromage, on essaye le jour, on essaye la nuit… jusqu’à ce que inévitablement on pêche accidentellement un poisson (mulet de port, 200g, mangeant de la croûte de fromage mélangé à du pain et sûrement élevé aux sorties d’égouts). Malheureusement, les effets secondaires de l’espoir ne tardent pas à se manifester. On se dit que c’est possible, on se remet à y croire et c’est la catastrophe. Tout le bon travail de résignation qu’on entreprend depuis des semaines se retrouve par terre. Le marchant d’équipement de pêche retrouve le moral et se frotte les mains. Non, un bon conseil, n’amenez jamais un débutant motivé à la pêche.

A bientôt,

Angèle et Jérome

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans tsangatour

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V
Salut les p'tits loups !<br /> Bravo pour votre blog toujours aussi bien écrit et passionnant... j'ai rattrappé mes quelques épisodes de retard... La Sicile et les îles éoliennes m'ont rappelé nos vacances de l'été dernier!<br /> Bon Jérôme je vois que la pêche est toujours aussi dure... je crois que cela est dû au manque de poissons en Méditerrannée, car avec tous ces vieux loups de mers que vous rencontrez, personne ne vous a donné de conseils valables ! <br /> <br /> Les dernières semaines ont été bien chargées pour nous : le boulot sur les chapeaux de roues (je passe), je suis devenue officiellement Mme Davo (j'avais un peu sous-estimé l'organisation d'un mariage civil avec un futur mari en clôture fiscale...on a failli ne pas avoir d'alliances, heureusement les témoins ont eu la bonne idée de nous y faire penser !).<br /> Après nous sommes partis 5 jours en Corse nous reposer, à Porto-Vecchio.<br /> Dans le port de Bonifacio on a pensé très fort à vous !!!<br /> Le retour sur Paris a été fatal : 2 jours de bureau, puis 2 jours sous perfusion à la maternité (grosse alerte contractions). Donc je suis arrêtée jusqu'à mon congé maternité, scotchée à la maison et si possible allongée un maximum, mais heureusement pas strictement, j'ai la permission d'aller chercher du pain à la boulangerie en face ! Le plus dur est d'accepter de changer de vie un peu brutalement, ensuite on s'y fait, surtout quand c'est pour la bonne cause (je suis à 7 mois maintenant)<br /> Grosses bises à tous les deux,<br /> Valérie et Jean-Michel<br /> PS : je vais appeler Jérôme et Sophie pour avoir des news life de votre vie à bord !<br />
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S
Chaque équipage a ses spécialités! mais la pêche c'est quand même bien...figurez vous que partout où je vais je regarde d'abord les ports ...et les voiliers ....avec une certaine nostalgie...ce fut le cas à Majorque, île très belle...c'est toujours aussi sympa de vous suivre!
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H
La "peche bredouille", c'est un peu comme le loto : on perd, mais on se dit que demain peut etre ca sera notre chance. Pis il y a que ceux qui tentent qui gagnent... Et Jerome (le capitaine de l'annexe, ex-mousaillon) est très joueur ! Alors...
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