11eme episode - Charybde et Scylla

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« Et pendant tout ce temps, dans la peine, sanglotant, nous entrons en ramant contre courant dans le détroit. A bâbord Scylla et Charybde à tribord, épouvantable défilé d’eau salée. Quand Charybde vomit, toute la mer bouillonne et retentit comme un chaudron sur un grand feu, quand son contenu gonfle et se soulève ».                             

L’odyssée. Livre 12

 

Vous l’aurez compris, le passage du détroit de Messine n’est pas une promenade en barque dans le bois de Boulogne.

 

Notre départ de Lipari s’effectue en même temps qu’un autre voilier de plaisance battant pavillon grec. En bon marin superstitieux, nous voyons cela comme un signe plutôt encourageant. Cette nation, depuis le temps, doit avoir un certain retour d’expérience sur le sujet. Le vent et la houle ne nous sont pas favorables, nous devons naviguer sous grand voile seule et moteur pour remonter suffisamment au vent. Nous réduisons la toile au fur et a mesure que le vent forcit. La houle secoue le bateau et casse notre vitesse. Nous sommes à deux doigts de dévier notre route vers le port sicilien le plus proche quand le vent se stabilise enfin.  Nous continuons notre route en suivant notre compagnon de navigation. Un nouveau péril se présente à nous : celui des cargos et des ferries. En effet, comme dans un entonnoir les routes convergent toutes vers le détroit. Il suffit d’ajouter à cela les bacs côtiers reliant la Sicile au continent, les rafales et les courants propres au détroit et vous aurez une image complète du petit Tsanga-Tsanga gagnant péniblement le port de Messine. Nous finissons finalement par atteindre notre destination.

Cette étape conclue notre premier mois de navigation et nous nous accordons un petit break terrestre pour découvrir la Sicile en transport en commun, sous les conseils d’un enfant du pays : Daniele (prononcer Daniélé).

 

En voici les étapes :

 

Messine,

Très jolie … avant les multiples tremblements de terre et bombardements. Allez, c’est pas sympa, il y a un magnifique Duomo et de très chouettes bars pour regarder le match Liverpool – Juventus. Au fait, nous étions pour qui déjà ?

 

Taormina,

Première colonie Grecque. Très beau théâtre antique. Mais notre sentiment sur cette ville très touristique restera mitigé. Le temps pluvieux que nous avons eu y est peut être pour quelque chose. Nous ne verrons l’Etna que sur les cartes postales. Un peu frustrant.

 

Catania,

Ville raffinée et jeune (cela veut dire qu’il y a plein de poulettes mignonnes – traduction d’Angèle), dont les palais et les églises témoignent d’un riche passé. Etape gastronomique pour ceux qui aiment les poissons et fruits de mer sans toute fois être trop à cheval sur la forme. Ainsi, dans un petit restaurant connu des habitants initiés, le garçon, après avoir décidé du menu pour nous, nous apportera les entrées puis deux minutes après le plat de pâtes en nous faisant comprendre avec un regard sévère que les pâtes ça se mange chaud !  Malgré cela le repas sera excellent et la note légère.

L’Etna, derrière la ville, ne se montera que lors de notre départ en autocar pour Siracusa.

 

Siracusa,

Rien que le nom fait rêver. Cette ancienne colonie grecque, berceau d’Archimède, possède le plus grand théâtre grec existant. Le centre ville donne le sentiment d’un patrimoine historique beau, mais négligé où des constructions récentes viennent dénaturer de vieilles ruelles. Un monument est cependant marquant. L’église centrale est certainement un des plus anciens lieux de culte encore en activité. Elle a été construite sur un temple grec dont les colonnes sont encore apparentes. Des recherches récentes dans les fondations auraient montré des traces d’un lieu de culte remontant à la préhistorique.

 

Le train Sicilien

Sur les conseils de notre logeuse, nous réservons deux places dans le « train baroque » qui une fois par semaine relie les ville de Noto et Modica au départ de Siracuse. Pour ma part, ce train à vapeur de 1930 remis en service par des passionnés et sillonnant la cote et les terres siciliennes fut un réel enchantement. Son panache de fumée, son ‘Tchou Tchou’ caractéristique et sa forme d’une autre époque  déclanchent les sourires de tous ceux que nous croisons sur notre route. Le tout dans l’odeur du charbon et dans une ambiance toute italienne. Le guide sympa parle français (Salvatoré le sauveur) et nous présente une Sicile baroque exubérante. Noto est une ville dorée cachée sous les échafaudages suite à l’effondrement de sa cathédrale en 1996. Elle reste néanmoins jolie.

 

Vie à terre

Après un mois dans un bateau ambulant, nous savourons de dormir dans un grand lit stabilisé, sans les bruits de cordages et des drisses. Retour aux plaisirs terrestres faits de ballades, de rencontres, de tentatives de conversation et de découvertes de nouveaux lieux. Cependant après 4 jours, notre vision change. Nous voyons maintenant les sacs à dos encombrants, les courses après les bus et le train, la recherche continuelle de restos…  Il est clair que notre coquille d’escargot qu’est notre Tsanga nous manque déjà. Il nous laisse libre de nos amarrages, de notre rythme et nous offre un lieu doux où nous pouvons avoir nos habitudes. Nous le retrouvons avec plaisir.

 

A la recherche du diable

Bloqués depuis 3 jours à Messine pour cause de tempête (rafales de 46 noeuds dans le port (88 Kms/h)), nous multiplions les activités : coiffeur, lessive, courses, cuisine, bars, guitare, cinéma à bord (merci Dominique pour les DIVX) et surtout la recherche d’un diable pour porter les bidons d’essence. D’abord apprendre le mot en italien : Carelo ou carelino. Ensuite faire le tour de Messine et finalement rentrer bredouille avec pour seule prise un leurre clignotant pour calamars (cherchez le rapport, moi j’ai pas trouvé (dixit Angèle))(C’est important  de ne pas être complètement bredouille (dixit Jérôme)). Allez, dès que le vent soufflera (moins), nous repartira …

 

A bientôt,

 

Angèle et Jérôme

 

Avant le detroit de Messine, quand nous pouvions encore prendre des photos.

Catania

Depart en bus de Catania. But du jeu: trouver l'itineraire jusqu'au sommet de l'Etna en respectant la signalisation.

 

 

Taormina: Nous, pour cause de mauvais temps empechant de faire de belles photos des monuments. 

 

Le train

Le train qui roule

Le train qui roule avec Jerome a la fenetre

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Publié dans tsangatour

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L
Je viens seleument de vous rejoindre dans votre aventure apres un long week end de repos a Septeuil( grace a Xavier qui m'a envoye le blog)...Formidable ...je suis reste bloque a lire et relire vos recits et regarder les photos ...<br /> Premiere remarque...Superbe photos et bravo aux multiples talents de Jerome...Je sais qu'il sait chanter pour avoir participe a quelques Karaoke en commun..mais je ne connaissais pas ses talents d'ecrivain...<br /> Et aux qualites de cuisiniere d'Angele...Jerome commence a avoir de bonnes joues ( photos du train qui roule)...Non Jerome..., je ne crois pas que ce soit l'effet du vent...c'est un train a vapeur..et non pas le TGV!!!<br /> Quant a la theorie sur la mondialisation du poisson....j'espere que tu as remplace la canne a peche plie ...par du materiel adequoit..Autrement dit ne remets pas le poisson a l'eau avant de l'avoir identifie...<br /> Enfin merci de nous faire vivre et partager avec nous des moments formidable ( et nous changer les idees au bureau)...On attend le prochain episode avec impatience ...<br /> Take care, Laurent Georgina Joseph et Oscar ( depuis le 10 Mars...Ce qui ne va pas faciliter mon deplacement dans l'espoir de vous retrouver sur votre parcour<br /> <br />
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